Séroconversion

La séroconversion toxoplasmique pendant la grossesse est redoutée et suivie de près car, si elle est anodine pour la maman, elle peut dans certains cas avoir des conséquences très graves pour le fœtus. L’annonce d’une séroconversion est un coup dur pour les futurs parents mais attention à ne pas céder à un alarmisme prématuré: il existe aujourd’hui des traitements très efficaces à mettre en place pour protéger le bébé et en réalité, la grande majorité des grossesses sous toxoplasmose connaissent une issue positive. Il est en revanche très important si vous n’êtes pas immunisée de bien contrôler une éventuelle séroconversion afin de prendre les mesures qui s’imposent le cas échéant. Petit point sur les éléments qui vous permettent de comprendre les analyses effectuées.

Les Petits conseils…
Protégez-vous des réactions catastrophistes!

Énorme warning sur les discours alarmistes qui peuvent succéder à l’annonce d’une séroconversion. Il existe des témoignages effarants partout sur la toile de femmes à qui des médecins (!!) ont recommandé des IVG dès l’annonce de la séroconversion !! Ce sont des discours empreints d’une inexcusable ignorance. Parmi votre entourage aussi vous risquez d’entendre des discours inquiétants.
Sachez que les traitements existent et sont très efficaces. Les chiffres sont très nettement en faveur d’issues bienheureuses . Vous avez de la chance, vous êtes en France où il existe des protocoles de soins très efficaces pour réduire les risques, mêmes rares.
Ne vous torturez pas en vous culpabilisant!
On a rapidement fait de se sentir responsable et de penser qu’on a pas pris suffisamment de précautions. La question récurrente de votre entourage « Tu as une idée de comment tu l’as attrapée? » bien que dénuée de malveillance, peut vous amener à décortiquer tous les faits et gestes qui auraient pu témoigner d’une faille de vigilance et à finir par en trouver au moins une dizaine de milliers qui vous font penser que vous méritez le pilori.
Soyons bien clair: si vous avez atteint l’âge de procréer sans croiser le parasite et qu’il a fallu attendre que vous tombiez enceinte pour le rencontrer (et souvent malgré des précautions prises ) vous êtes avant tout victime d’un gros coup de pas de bol! Ajoutez à cela qu’il subsiste quelques zones d’ombres sur la manière dont peut se contracter le parasite.
Moins de 1% des femmes enceintes connaissent une séroconversion pendant leur grossesse. C’est déjà pas évident à encaisser de manquer de chance au point d’être de ce petit nombre alors pas la peine de vous punir doublement en vous culpabilisant.

LES MARQUEURS IgG ET IgM
Pour identifier si le parasite est ou a été présent dans l’organisme, on teste la présence de 2 types d’anticorps qui témoignent d’une réaction à sa présence : les IgG et les IgM.

- Les IgM apparaissent après quelques jours de contamination. En général, ils montent dans les premiers jours. Cependant, on ne peut pas se fier qu’à eux seuls car les techniques récentes, par leur sensibilité, en détectent parfois jusqu’à un an après l’infection et de plus un taux légèrement élevé peut-être dû à d’autres facteurs sans rapport avec la toxoplasmose.
- les IgG apparaissent au bout de 15 jours environ (selon certaines sources, nous avons recensé des intervalles de 8 jours à 3 semaines et ce délai dépend également des différentes techniques des laboratoires). Contrairement aux IgM, la positivation des IgG signifie de manière certaine qu’il y a eu infection à la toxoplasmose.

 

LES DIFFÉRENTS CAS DE FIGURES

1- IgM et IgG sont négatifs = Résultat négatif.
Vous n’avez jamais contracté la toxoplasmose et n’êtes pas contaminée.
Vous n’êtes pas immunisée. Cela correspond aux résultats effectués en début de grossesse qui vous ont déclarée « non immunisée » et ont impliqué un suivi mensuel pendant votre grossesse.
2- IgM positifs et IgG négatifs = Résultat douteux.
Vous venez potentiellement de contracter quelques jours auparavant la toxoplasmose. Mais aucune conclusion ne sera effectuée à compter des IGm seuls, pas assez fiables. Un autre bilan sanguin sera prescrit
Le nouvel examen indiquera que les IgM augmentent ou disparaissent.
S’ils augmentent, même si les IGG sont négatifs, cette évolution fait pencher la balance vers l’hypothèse d’une séroconversion qu’un autre test encore viendra confirmer ou infirmer.
La confirmation ou l’infirmation d’une positivation pouvant prendre un peu de temps, en de résultat douteux, la Haute autorité de santé préconise l’administration en prévention de l’antibiotique Spyramicine (plus connue sous son non de commercialisation par Sanofi-Aventis : Rovamycine)
3- IgM positifs ou négatifs et IgG positifs = Résultat positif.
Vous avez contracté le parasite depuis au moins 2 semaines. Cela ne signifie pas que le fœtus est contaminé puisqu’il faut un délai minimum de 4 à 6 semaines (on a même lu 8 semaines) si jamais la transmission de la mère à l’enfant devait se faire.
Le traitement à la Spyramicine doit être commencé dès l’annonce de la séroconversion. Il est à se faire prescrire par votre gynécologue, votre sage-femme ou votre généraliste.

 

SE DIRIGER VERS UN CENTRE SPÉCIALISÉ
Vous serez, à l’annonce de cette séroconversion, invitée à suivre les recommandations de la Haute Autorité de Santé à savoir, « vous orienter au plus tôt vers un centre clinique ayant une expertise reconnue dans le domaine de la toxoplasmose congénitale ». Vous entrerez alors dans un protocole de diagnostic pré-natal particulier qui permettra un suivi adapté jusqu’à l’accouchement.

 

DATATION
Une fois la séroconversion établie, on cherche à connaître la date à laquelle elle a eu lieu. Cela peut prendre un peu de temps donc on n’attend pas les résultats de la datation ni pour administrer le traitement antibiotique, ni pour faire les échos liés à votre suivi de grossesse spécifique.
Toutefois, elle est importante car elle permet de mettre en perspective le suivi. Savoir à partir de quand le bébé pourrait être contaminé apporte un éclairage sur le moment où peuvent être identifiés via les échographies les symptômes d’une éventuelle contamination et permet également de programmer au bon moment une amniocentèse pour obtenir des résultats fiables qui détermineront si vous devez ou non prendre un traitement antibiotique complémentaire, à savoir une association pyriméthamine-sulfamide (plus connue sous le nom de Fansidar)

 

 

Voici un schéma publié par la Haute Autorité de santé de la surveillance sérologique et de la prévention de la toxoplasmose au cours de la grossesse :

schema_prevention_suivi_toxoplasmose

Surveillance sérologique et prévention de la toxoplasmose cours de la grossesse – source H.A.S.